Politiquement Rock
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Le JUKE-PUNK
Ouais, bien sûr, la plupart d'entre-vous le connaissent déjà, mais c'est un incontournable pour toute personne qui n'a pas les moyens de s'offrir plein de disques chez le marchand, ou pour les curieux qui cherchent à découvrir des groupes.
Vous y trouverez pèle-mèle les vieilles salopes, médef inna babylone, rené binamé, la raïa, la brigada, bolchoï, les betteraves et des tas d'autres... Alors, amusez-vous bien.
====>> C'est ICI que ça se passe !!!
VeRte
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Contre la presse gratuite
Presse gratuite = presse poubelle ? La question se pose d'autant plus que le nombre de parisiens qu'on voit lire Métro ou 20Minutes
dans le bus est assez incroyable. Ces journaux gratuits se lancent
désormais à l'assaut de la province. La plupart de leurs lecteurs sont
conscients des insuffisances de cette
nouvelle presse : titres racoleurs, photos voyantes en couleur qui souvent déçoivent par rapport
aux articles très superficiels, pleines pages de publicité, horoscope
et autres jeux bidons, etc.
Plus rares sont ceux qui se posent cette question : Si cette presse nous est donnée gratuitement, n'est-ce pas parce que quelqu'un a tout intérêt à ce qu'on la lise ?
Peu de gens savent en effet que le directeur de 20Minutes, Jean-Pierre Bozo, n'est autre que l'ancien pédégé de NRJgroup,
lequel groupe possède toutes les grandes radios nationales type
Nostalgie, ChérieFM, Rire&Chansons, etc. Il est associé de
Aurinvest, trésorier de
l’Institut pratique du journalisme (IPJ), ancien directeur délégué de
Socpresse SA, ancien directeur
général de L’Union, de la SNPR (éditrice de Paris-Normandie),
et de la SA Investissement Presse (SAIP), ancien cogérant de la SARL
Société nouvelle de presse et de communication (SNPC, éditrice de Libération)
Bref les intérêts des grands groupes sont assez bien représentés dans
la presse gratuite, tant au niveau de leur direction que par les
annonceurs qui les font vivre.
Le groupe 20 Minutes France SAS est possédé à 50% par Schibsted,
holding scandinave qui possède les principaux quotidiens suédois,
norvégien et estonien, des chaînes de télé, les gratuits espagnols, une
boîte de production de films, etc. L'autre moitié est détenue par Ouest-France...
En se basant sur les archives des gratuits (ici, 20Minutes) on trouve
assez facilement des articles et prises de positions qui révèlent la
véritable ligne de ce journal, au-delà de l'apparente neutralité dont il se réclame.
Exemple 1 : dans le numéro du 02/12/05, un article est titré "les
anti-pub démasqués par la RATP" (tout un programme !) Et il débute comme ça "La chasse aux anti-pub est ouverte. Une nouvelle action dans le métro a été partiellement mise en échec par la police..." Et
le journaliste d'expliquer que l'hébergeur du site des casseurs de pub
(Ouvaton) aura des dommages-intérêt à payer, visiblement sans s'en
émouvoir plus que ça. Il épilogue sur le préjudice financier subi par
l'annonceur dont les affiches ont été repeintes et Métrobus (les
pauvres....) En effet l'article se termine par ce résumé tendancieux : "Les commandos anti-pub ont notamment sévi les 17 octobre et 7 novembre
dans le métro. La régie publicitaire estime que ces opérations lui ont
coûté entre 450 000 et un million d’euros en frais de nettoyage et en
avoirs consentis aux annonceurs."
Evidemment, on ne sera pas surpris
qu'une parution qui vit de la pub s'oppose farouchement à tous ceux qui
prétendent remettre en cause sa main-mise sur notre quotidien.
Exemple 2 : décidemment, 20Minutes n'aime pas les gauchos.
L'article relatant une action de l'Eglise de la très sainte
consommation dans le numéro du 29/11/05 est intitulé "Aux Halles, le faux curé prié de prêcher ailleurs" Le jounaliste met par ailleurs en doute les mesures répressives subies par les manifestants : "Le faux prêtre et une journaliste de Radio Nova ont été arrêtés »,
rapporte un participant. Contactée hier, la préfecture de police
n’était toutefois pas en mesure de confirmer l’information."
Là non plus, peu de surprise.
20Minutes vit de la pub et s'adresse aux "jeunes urbains" diplômés et
avides de s'intégrer dans la radieuse société de consommation. Les annonceurs n'aimeraient sûrement pas trouver dans les colonnes du journal des articles dénonçant la fièvre acheteuse...
Exemple 3 : de mieux en
mieux... 20Minutes fait dans le sarkozysme de café du commerce dans son
numéro du 21/11/05. En guise de provocation, l'article s'intitule "Le travail qu'on leur donne, ils n'en veulent pas." (!!) Les journalistes se sont cette fois rendus à une distribution de tracts UMP à Rosny-sous-bois. "Samedi, malgré le froid, les militants tractent sur le marché des
Boutours dans le cadre des « 48 heures pour un mouvement populaire ».
Si la ville est ancrée à droite, on aurait pu s’attendre à plus de
passion, de contradiction. Or l’heure est au consensus et peu refusent
les tracts de l’UMP." Que d'emphase sur le courage des adhérents UMP !!
Le journaliste les passants et les militants sur la "crise des
banlieues" : les réactions sont retranscrites sans aucune analyse,
l'article, bâclé, ne prend aucun recul vis-à-vis des opinions exprimées
:
"C’est vrai qu’il y a des choses à ne pas dire, reconnaît une
Rosnéenne en référence aux termes “racaille” et “Kärcher”. Mais il faut
bien faire quelque chose et nous, on veut vivre tranquille."
On nage parfois en plein Tintin au Congo : "Une ancienne institutrice donne son point de vue : « J’ai appris aux
petits immigrés que s’ils parlent bien français, ils s’en sortiront. La
clé, c’est l’éducation. » Aujourd’hui, est-il trop tard ? « Non. Pas si
on aide les immigrés à rentrer chez eux et si on aide leur pays à se
développer pour qu’ils aient envie d’y rester. »
La palme revient à un responsable local de l'UMP : « Ils arrivent en retard avec leur casquette de travers, il faut
d’abord redonner des repères, estime Claude Schmierer, secrétaire
départemental UMP. Beaucoup de gens issus de l’immigration travaillent.
Pourquoi eux n’y arrivent-ils pas ? » « Le travail qu’on leur donne,
ils n’en veulent pas. C’est pas assez payé » La formule a tellement séduit le journaliste qu'il n'a pas cherché plus loin pour son titre !
Exemple 4 : AC! n'a pas la cote, ni à 20Minutes, ni au PS ! Le
26/04/05, une interview de Patrick Mareschal, président (PS) du conseil
général de Loire-Atlantique est prétexte à un passage au vitriol (ou au
Kärcher ?) de la section AC!44. Ils se font carrément traiter de fachos
:
"La réunion d’une commission d’attribution du RMI, que vous présidiez, a
été envahie par des militants d’Agir contre le chômage (AC !). Quelle
est votre réaction ?
PM : Ce sont des méthodes de fascistes. Ils ont voulu nous empêcher de
sortir de la salle, ou filmaient, alors que ces commissions locales
d’insertion (CLI) sont confidentielles... Ceci dit, il faut
relativiser. Il ne s’agissait que de quelques dissidents d’AC !,
d’anars et d’un collectif inconnu."
Et on enchaîne à propos des RMIstes radiés : "Il faut qu'ils se bougent" "La plupart d’entre eux ne sont pas venus protester. Pourtant, nous
envoyons systématiquement plusieurs courriers avant radiation. Ils ne
se sentaient peut-être pas en droit de toucher le RMI..."
Il se justifie enfin concernant la pingrerie des commissions d'atributions du RMI : "Ce n'est pas pour faire l’économie de quatre sous, mais par exigence d’équité
envers les gens qui font l’effort de se lever à 5 h du matin pour aller
égorger des poulets. Ils touchent pourtant à peine plus que le revenu
minimum d’insertion." Et
son salaire de président de conseil général, est-il équitable ? En tout
cas ce qui est certain c'est qu'il n'aura jamais à se lever à 5h pour
égorger des poulets...
Au regard de ces quelques exemples pour
le moins édifiants, on peut relativiser les déclarations de J-P Bozo
concernant la prétendue "neutralité" de son torchon !
VeRte
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Rien qu'une (nouvelle) vie
Depuis octobre les semaines passent si vite qu'elles se sont transformées en mois sans que je m'en rende compte. Tout change, tout tourne autour de moi, mais je ne perds pas pied. Je finis toutefois ce trimestre sur les rotules. Une sensation de vertige me submerge tant je m'efforce de garder ouverts mes yeux sur ces choses nouvelles.

Photo : lors d'une scéance de relevé sur la dalle de la ZUP à Argenteuil
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Déserter : (verbe trans.) Laisser ou rendre un lieu désert, le quitter, ne pas s'y rendre. Au figuré (péj.) : Abandonner, ou cesser de se rendre en un lieu auquel se rattachent une fonction ou une tâche particulière, et, par extension : ne pas s'acquitter de celles-ci.
Abandonner, fuir son poste, quitter illégalement sa place. Par extension : trahir.
VeRte
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Il n'a pas vraiment sa place ici, ni nulle part d'ailleurs, mais je voulais le poster tout de même,
Nous traînons les carcasses des fous Vers l'infini des ruelles noires. Nous rampons dans les tréfonds mous De la folie. Il faut savoir
Massacrer les figures huileuses Des spectres laids que nous aimions, Nichés dans les bras des pleureuses. Nos rêves sont pleins de destruction.
Comme il est loin le temps des rires, Lorsque nous y croyons encore... Les espoirs bleus en l'avenir Masquaient la rage du remord.
Aux aubes lentes et aux nuits noires, Nous hurlerons avec fierté, Tout brûlera pour ce grand soir : Nous embraserons la Liberté.
VeRte
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La sociologie est un sport de combat
Pierre Carles a encore frappé. Ce journaliste adore mettre en boîte patrons, politiques, personnages médiatiques et corruptions en tous genres. On pourrait le définir comme un empêcheur-de-mentir-en-rond professionnel, un touche-à-tout qui est passé de Télé-Lyon-métropole à TF1, Canal+ et France 2, se faisant virer à chaque fois. J'en passe, et des meilleures.
Sa filmo (liste non-exhaustive) : 1995 : Pas vu pas pris, docu sur les liens obscurs entre médias et milieux politiques. 2001 : La sociologie est un sport de combat, docu sur Pierre Bourdieu. 2001 : Enfin pris ? Synthèse des deux précédents, et dénonciation des faux "critiques" de la télé, dont Schneidermann, qui sévit dans "Arrêts sur images" et "Le Monde" à l'occasion. 2003 : Attention danger travail, dont j'ai déjà parlé ici, et mélange témoignages et images d'archives en un violent pamphlet contre le Travail. 2004 : Volem rien foutre al païs, dans la même veine que le précédent... Non encore sorti (faute de moyens, de soutiens ?) 2005 : Ni vieux, ni traîtres, film-bidouillage et réflexions anarcho-philosophiques

Parlons donc de La sociologie est un sport de combat. Ainsi intitulé d'après une citation du personnage que l'on voit évoluer tout au long du documentaire entre conférences, recherches, cours en université, entretiens radio, etc. J'ai nommé Pierre Bourdieu. Ce sociologue est l'un des premiers à avoir mis à jour et expliqué la reproduction sociale des élites passant par le système éducatif, la violence symbolique exercée sur les femmes par la domination masculine, ou les pièges de la "révolution conservatrice" néo-libérale des années 80, par exemple.
Bourdieu nous parle de son métier, qu'il envisage d'une manière indépendante et assez subversive. Il dénonce les "jaunes" qui pratiquent la sociologie "médiatique", écrivant dans de grands journaux un baratin servant la classe dominante et l'ordre social établi. Il explique comment les hommes souffrent eux aussi de l'asservissement des femmes, et comment tout un(e) chacun(e) aurait intérêt à briser ce système.
Un film un peu long (2h26) parfois un peu difficile à suivre, car le rythme des réflexions se maintient de façon soutenue, mais passionant et très bonne source de cogitations individuelles par la suite. "Je dis souvent que la sociologie c’est un sport de combat, c’est un instrument de self defense. On s’en sert pour se défendre, essentiellement, et l’on n’a pas le droit de s’en servir pour faire des mauvais coups." Pierre Bourdieu.
Projeté actuellement dans une salle à Paris, et sinon disponible en VHS auprès des éditions Athélès.
VeRte
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LE CHOEUR : Et voilà. Maintenant, le ressort est bandé. Cela n'a plus qu'à se dérouler tout seul. C'est cela qui est commode dans la tragédie. On donne le petit coup de pouce pour que cela démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille qui passe et lève les bras dans la rue, une envie d'honneur un beau matin, au réveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de trop que l'on se pose un soir… C'est tout. Après, on n'a plus qu'à laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. C'est minutieux, bien huilé depuis toujours. La mort, la trahison, le désespoir sont là, tout prêts, et les éclats, et les orages, et les silences, tous les silences : le silence quand le bras du bourreau se lève à la fin, le silence au commencement quand les deux amants sont nus l'un en face de l'autre pour la première fois, sans oser bouger tout de suite, dans la chambre sombre, le silence quand les cris de la foule éclatent autour du vainqueur - et on dirait un film dont le son s'est enrayé, toutes ces bouches ouvertes dont il ne sort rien, toute cette clameur qui n'est qu'une image, et le vainqueur, déjà vaincu, seul au milieu de son silence…
C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr… Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d'espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie, on est tranquille. D'abord, on est entre soi. On est tous innocents, en somme! Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui tue et l'autre qui est tué. C'est une question de distribution. Et puis, surtout, c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir ; qu'on est pris, qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu'on n'a plus qu'à crier, - pas à gémir, non, pas à se plaindre, - à gueuler à pleine voix ce qu'on avait à dire, qu'on n'avait jamais dit et qu'on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien : pour se le dire à soi, pour l'apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu'on espère en sortir. C'est ignoble, c'est utilitaire. Là, c'est gratuit. C'est pour les rois. Et il n'y a plus rien à tenter, enfin !
Antigone, d'Anouilh.
VeRte
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