Politiquement Rock
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Rien qu'une (nouvelle) vie
Depuis octobre les semaines passent si vite qu'elles se sont transformées en mois sans que je m'en rende compte. Tout change, tout tourne autour de moi, mais je ne perds pas pied. Je finis toutefois ce trimestre sur les rotules. Une sensation de vertige me submerge tant je m'efforce de garder ouverts mes yeux sur ces choses nouvelles.

Photo : lors d'une scéance de relevé sur la dalle de la ZUP à Argenteuil
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Déserter : (verbe trans.) Laisser ou rendre un lieu désert, le quitter, ne pas s'y rendre. Au figuré (péj.) : Abandonner, ou cesser de se rendre en un lieu auquel se rattachent une fonction ou une tâche particulière, et, par extension : ne pas s'acquitter de celles-ci.
Abandonner, fuir son poste, quitter illégalement sa place. Par extension : trahir.
VeRte
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LE CHOEUR : Et voilà. Maintenant, le ressort est bandé. Cela n'a plus qu'à se dérouler tout seul. C'est cela qui est commode dans la tragédie. On donne le petit coup de pouce pour que cela démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille qui passe et lève les bras dans la rue, une envie d'honneur un beau matin, au réveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de trop que l'on se pose un soir… C'est tout. Après, on n'a plus qu'à laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. C'est minutieux, bien huilé depuis toujours. La mort, la trahison, le désespoir sont là, tout prêts, et les éclats, et les orages, et les silences, tous les silences : le silence quand le bras du bourreau se lève à la fin, le silence au commencement quand les deux amants sont nus l'un en face de l'autre pour la première fois, sans oser bouger tout de suite, dans la chambre sombre, le silence quand les cris de la foule éclatent autour du vainqueur - et on dirait un film dont le son s'est enrayé, toutes ces bouches ouvertes dont il ne sort rien, toute cette clameur qui n'est qu'une image, et le vainqueur, déjà vaincu, seul au milieu de son silence…
C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr… Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d'espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie, on est tranquille. D'abord, on est entre soi. On est tous innocents, en somme! Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui tue et l'autre qui est tué. C'est une question de distribution. Et puis, surtout, c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir ; qu'on est pris, qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu'on n'a plus qu'à crier, - pas à gémir, non, pas à se plaindre, - à gueuler à pleine voix ce qu'on avait à dire, qu'on n'avait jamais dit et qu'on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien : pour se le dire à soi, pour l'apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu'on espère en sortir. C'est ignoble, c'est utilitaire. Là, c'est gratuit. C'est pour les rois. Et il n'y a plus rien à tenter, enfin !
Antigone, d'Anouilh.
VeRte
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That's all folks
Vous l'avez compris, je n'ai pas (plus) le courage ni l'égocentrisme de m'exprimer ici.
 Dessin piqué au célébrissime Crobard
Désolée. Mieux vaut agir que penser, non ?
Salutations libertaires, VeRte
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